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Mon Saint Martial Viveyrols
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HISTOIRE - Le Moyen Âge, Les Templiers, La Renaissance
Saint-Martial Viveyrols se fait remarquer par une requête de l’abbé de Solignac à l’archevêque
de Bordeaux en 1147. Le premier demande de manière simple mais ferme de prescrire à   
l’évêque de Périgueux la restitution de l’église de « Viveyrol » ou au moins la fixation d’un jour
à comparoir. Suite au deuxième document, nous pouvons librement penser que Saint-Martial
Viveyrols était donc habité et suffisamment important pour provoquer une « lutte » entre deux
hommes d’Église. De plus, l’église était aussi assez rentable et donc déjà largement établie, ce
qui confirme les maigres indices sur la datation de cette construction, entre la fin du 11e et le
début du 12e siècle.

C’est à cette époque qu’apparut l’ordre des « pauvres chevaliers du Christ » autrement
dénommés les Templiers.
En effet, en 1113, Hugues, originaire de Payns en Champagne, chevalier croisé, réunit à
Jérusalem neuf autres compagnons, qui firent vœu de défendre les pèlerins et de protéger les
chemins menant en Terre Sainte.  La règle de l’ordre est définie par le concile de Troyes, en
1128, par le futur saint Bernard. Le roi Philippe IV le Bel, désireux de se libérer de la tutelle
financière de l’ordre et de s’en attribuer les biens, fait arrêter les Templiers de son royaume.
Leur ordre est supprimé par le pape Clément V, le 2 mai 1312 (bulle Ad Providam christi vicarii
), bien que ce dernier reconnaisse les Templiers innocents. La mort sur le bûcher de Jacques de
Molay (dernier grand maître) et de Geoffroy de Charnay, le 18 mars 1314, clôt la période
templière. L’ordre sécularisé deviendra en 1789 l’ordre du Christ.

En Périgord, les premières maisons templières apparaissent à partir de 1137 grâce à des dons et
des legs des baronnies de Nontron, Sarlat, Bergerac et des évêques de Périgueux. D’autres
établissements (commanderies, châteaux, fermes et églises) se créent dans tout le Périgord.

Au nord de Ribérac, deux commanderies importantes sont présentes : la commanderie de
Comberanche et la commanderie du Soulet. La première,  templière et hospitalière,  est citée
dès le 13e siècle et dépendait de Condat, un commandeur hospitalier y est cité à partir de 1232.
La commanderie Le Soulet (Templiers) se situait sur la commune de Goûts-Rossignol à 7 km
au sud-ouest de Mareuil (128 m d’altitude) ; avec son moulin sur les bords de la Nizonne, elle
possédait aussi la paroisse Goust Soletum en 1246, puis des bois et écarts alentours, dont le lieu-
dit «Figuerasse » en 1291. Son précepteur est, entre 1291 et 1301, Ysard de Chaussade
. Après la reprise des hospitaliers, elle fut rattachée à Comberanche et détachée en 1457, puis
réunie à Condat en 1480.

Saint-Martial Viveyrols était donc une possession templière. Son église romane fortifiée, avec
son clocher-donjon à narthex et sa chambre forte crénelée, appartenait à la commanderie du
Soulet au 14e siècle.
Deux possessions hospitalières sont aussi établies :
- Maynement au hameau de Gandillac (de Gandilha) en 1463 pour l’ordre de Saint-Jean de
Jérusalem ;
- Maynement de Vaumoure (de Valmora) en 1466 pour l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem.

La présence templière est aussi avérée par le nom de certains lieux-dits « L’Épine » (basse et
haute dans le cas de la commune) et le Temple (sur la route de Bertric-Burée).

À l’aube du 13 octobre 1307, les Templiers des commanderies et maisons de l’ordre sont mis en
état d’arrestation et enfermés ; un inventaire de leurs biens est fait.  Des tombes de Templiers
sont saccagées et des dalles brisées ; la plupart des croix gravées sur les édifices sont effacées.
On dit qu’un membre des Templiers aurait été enterré dans l’église.

En 1341, Saint-Martial de Viveyrols  payait au roi (et ensuite au comte de Périgord) le revenu
du commun de la paix.  Ceci fait écho à une sentence# adjugeant au comte de Périgord la dîme
du commun de Limeuil et Castelnau, du lieutenant du sénéchal de Périgord, le 5 octobre 1330.
Les comtes auraient eu le droit de prendre le dixième des communs perçus par le roi dans le
comté de Périgord.
Le 10 novembre 1341, l’évêque de Beauvais donna commission à Pierre des Combes, juge
royal de Bergerac, d’enquérir sur la valeur des revenus destinés à compléter l’assignation due
au comte de Périgord. Outre les revenus de Périgueux, le revenu du droit du commun
concernait aussi les paroisses de « Saint Martial-de-Viveyrols », Trélissac, Lisle, Celles, Bertric,
Burée, Verteillac, Léguillac, Saint-Paul, Allemans, Champagnac et Saint Pancrace.
L’assignation fut faite au mois d’avril 1342 (procès-verbal par Pierre de Combes).
Ce droit du commun, tant qu’il était levé pour le Roi, se percevait chaque année entre le15 août
et le 8 septembre sur toute personne adulte, nobles, clercs et privilégiés exceptés, et était une
sorte de taxe frappant les animaux.
La perception fut inégalement assurée pour le roi d’Angleterre, notamment pendant les années
qui suivirent le traité de Brétigny. Le Prince Noir  dut écrire à son sénéchal pour lui ordonner
de lever à nouveau ce droit du commun.

Saint-Martial Viveyrols était un baillage royal.

Sensiblement à la même période, Saint-Martial Viveyrols se trouve dans la tourmente de la
guerre de Cent Ans. Le village se trouva fort vraisemblablement sous domination anglaise
(1355-1356, 1359-1368), et relevait de la sénéchaussée d’Angoumois aux alentours de 1365, puis
redevint français en 1429.

Dans un document conservé  la Société historique et archéologique du Périgord nous prenons
connaissance d’un
acte (25 juillet 1453) d’un habitant de Saint-Martial-de-Viveyrols :

«  
1453, 25 juillet - Vente par Raymond de Mourel, damoiseau, vigier de Salles, au diocèse de Périgueux
[act. en Charente], à Pierre de Montseluc, de Saint-Martial-de-Viveyrols, de 10 boisseaux de froment et
2 boisseaux d’avoine, mesure de Verteillac, 10 sous de monnaie courante et 2 gélines de cens ou rente
dus audit damoiseau à la saint michel et à la saint martin, par Jean Freydet, dudit Saint-Martial, sur le
maintenant de la Grenarie, paroisse de Verteillac, dans la directe du vendeur, pour le prix de 10 réaux d’
or au coin du roi de France, payés par l’acquéreur. Le vendeur se réserve toutefois de racheter la rente en
question dans l’espace de neuf ans, au terme duquel Jean Freydet en sera considéré comme possesseur
légitime, sous le devoir ou acapte de 2 gants blancs et 2 deniers monnaie courante ; lequel en attendant
a passé reconnaissance à Raymond de Mourel. Le tout sous le sceau de l’official de Périgueux. (original
parchemin, sans sceau). »

À cette même période, un hommage à Gandillac  est rendu le 20 novembre 1480 en présence de
Jean de la Rochebeaucourt, Jacques d’Archiac, Pierre de Fédy, Jacques de Sainct Gelais, et René
de Jussac, seigneur d’Argentine.  Cet hommage parle de « l’oustel et repayre de Gandilhac,
scitué en la paroisse de Sainct-Marsaut de Viveyroulx ».

Saint-Martial Viveyrols est également cité dans un document du 13 avril 1556 relatif à la
châtellenie de Grésignac  : «
laquelle chastellanye de Grésignac est assise en la sénéchaussée de Péri
Gortsic), entre la chastellanye et  baronnye de Mareuilh, d’ung cousté de la terre et chastellanye de la
Tour-Blanche, d’aultre, de la terre et chastellanye de Verteilhac, faisant partye de la chastellanye du
Chapdeuilh, d’aultre, et la terre et jurisdiction de Saint Marsault de Viverolx, d’aultre, et la terre et la
chastellanye de Bourzac, d’aultre…
»

En 1740 et 1741 ont lieu comparutions au greffe royal de Périgueux de messire Philippe
Redeuilh, sieur de la Jonie, prêtre, chanoine syndic du chapitre d’Aubeterre, venu de sept
lieues, pour porter son exploit contre messire Elie Rochon, prêtre et vicaire perpétuel de Saint-
Martial de Viveyrols.

En 1760, Saint-Martial est un repaire noble ayant justice sur la paroisse.

En 1781 dans les textes civils, on évoque une enquête relative à la dîme de Saint-Martial de
Viveyrols que se partageaient le chapitre d’Aubeterre et le curé de la paroisse.
mon petit coin de paradis au coeur du Périgord Vert par Lisa Giraud Taylor