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Mon Saint Martial Viveyrols
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L'église forteresse
L’église romane de Saint-Martial Viveyrols est fortifiée et date de la fin XIe –
début 13e siècle. Bâtie isolément à 112 mètres au-dessus du niveau de la mer,
elle est orientée suivant la tradition antique et élevée en calcaire demi dur du
pays.

Une missive de l’évêque de Limoges à l’évêque de Périgueux lui demande de
fixer un nouveau jour à comparoir dans l’affaire de l’église de Viveyrol, vers
1147.  On peut estimer que l’église était déjà en place et suffisamment
importante pour un tel échange de lettres.

Dominant le vallon de la Sauvanie, petite rivière autrefois renommée pour
ses truites et accessoirement ligne de démarcation durant la Deuxième
Guerre mondiale, l’église conserve son système défensif à l’étage. La porte
décentrée s’ouvre dans la façade ouest sous un simple arc brisé. La nef
comprend trois travées dominant sur le cœur.
La hauteur totale des murs latéraux est de 15,50 m, divisée en deux parties
inégales, dont la plus grande pour l’église est de 12,50 m. La hauteur de la
salle d’armes est donc réduite de 3 m.

L’extérieur se compose d’un clocher barlong sur la façade avec une nef de
même largeur, terminée par un chevet droit qu’une seule fenêtre remaniée
éclaire ; des contreforts renforcent tous les angles, montant jusqu’à la sablière
; les côtés de la nef sont aussi fortifiés de soutiens semblables, très plats, mais
moins élevés, entre lesquels sont percées des baies extrêmement étroites,
cintrées, plutôt meurtrières que fenêtres, presque sans ébrasement.

La base du clocher forme une sorte de narthex curieusement voûté en arête
très surhaussée, forme bizarre datant de la fin du XIIe siècle. Deux travées et
un chœur à chevet droit complètent ce monument ; ces travées sont éclairées
par les étroites baies. Leur embrasure laisse apercevoir la grande épaisseur
des murs. «
Ces travées sont déterminées par des colonnes demi-cylindriques cantonnées
sur un double pilastre ou pilier qui contre-butte avec le contre-fort extérieur. Le départ du
pendentif se fait sur l’angle saillant du pilastre où s’engage la colonne et forme la section
extérieure de l’arc-doubleau des grands arcs et des formerets. Ces arcs sont brisés,
surhaussés et ayant perdu toute apparence cintrée et la coupole se dresse sur sa corniche
parfaitement cylindrique. Les chapiteaux n’ont aucun ornement. Le tailloir est peu saillant,
formé de deux baguettes. La base est très aplatie, reposant sur un socle de petite taille à pans
coupés. La porte est ogivale, simple et décentrée
. »

La première travée d’entrée est voûtée en arc de cloître de forme ogivale. Elle
supporte le
clocher dont l’étage supérieur (ajouré de douze baies) semble dater
du 14e siècle. Les deuxième et troisième travées sont voûtées en coupoles demi-
sphériques. Le chœur est également voûté bien que moins large que les  autres
travées.

On peut voir de grands arcs brisés ornant les murs. Sept baies très étroites
éclairent l’église et ressemblent fortement à des meurtrières. La dernière baie
est d’une époque vraisemblablement plus moderne.

Un escalier en vis conduit à la salle d’armes (façade sud). Il est à noyau plein et
bien conservé, très étroit et peu éclairé. Deux très étroites meurtrières se
situent aux 35e et 70e marches environ, s’ouvrant sur la façade sud. L’escalier
est placé à presque égale distance des extrémités et débouche au milieu de
cette salle.

La salle d’armes court sur toute l’église. C’est un rectangle de 23,33 m de
longueur sur 7,10 m de largeur. Le sol est établi sur les voûtes des trois
premières travées, à 12,50 m au-dessus du dallage de l’église. Sur la voûte de
la quatrième travée, celle du chœur, le sol est à 3m en contrebas ; on y descend
par un escalier de 0,75 m de largeur. C ‘est là que se réfugiaient sans doute les
enfants, les vieillards et les femmes lors des dangers ennemis.

Onze ouvertures établies dans les murs au niveau du sol supérieur,
permettaient aux assiégés de s’avancer sur les hourds dont les trous, espacés
de 1 m en hauteur et de 0,20 m sur 0,25 m, sont faits de part en part des murs
et recevaient les pièces de bois qui formaient encorbellement. Sous le clocher,
des traces d’incendie se voient sur les pierres rongées par le feu, notamment
sur celles des jambages de la belle baie géminée, qui met en communication le
premier étage du clocher avec la salle d’armes. Tous ces bois servaient aux
vainqueurs d’aliments à l’incendie.

Deux baies sont désormais aveuglées côté ouest. Il y en a donc quatre sur les
façades nord et sud, et une à l’est.
Enfin le deuxième étage du clocher, ajouré de tous côtés, à 20 m au-dessus du
sol, servait d’observatoire aux assiégés.

Le clocher repose sur la première travée. Il communique avec la chambre de
défense par 2 arcs brisés. Le toit du clocher a été restauré après la tempête de
1999, notamment grâce à l’appui de la communauté anglaise de Saint Martial
Viveyrols.

La cloche datée de 1756 et portant l’inscription : «
a fulgure et tempestate libera non
domine + Mre Raphaël Delageard, sgr de la Touche, parain et Dame Lemunier, marquise de
Cherval, marraine. Mre Elie Ruchon, curé.Sr Marc Eydelie sindic fabrissien. Sr Léonard de
Lespinasse juge – 756
»  fut porté à Saint-Martial de Ribérac à la Révolution.

Le
dimanche 1er mars 1896, ont été bénites deux cloches à Saint-Martial. Elles
ont été fondues par M. Vauthier :
1° Anne-Thérèse. Parrain, M. Rodolphe Chansard ; Marraine, Mme Chansard
2° Marie. Parrain, Monsieur Léonard Plas, propriétaire, à Bourges (Cher) ;
Marraine, Mademoiselle Marie Plas.
Le sermon a été prêché par M. l’abbé Cinier, ancien chapelain de M. le général
Obrouchev, chef d’état-major de l’armée russe.
«
Paroisse de Saint-Martial-de-Viveyrols. L’abbé Eugène-François Fromenteil, curé. Parrain,
Rodolphe Chansard, à Valboulet ; marraine, Anne Chansard.
« A fulgure et tempestate, libera nos Domine. Emile Vauthier, fondeur à St Emilion.
» Poids :
600 kilos.
«  
Paroisse de St Martial de Viveyrols ; l’abbé Eugène-François Fromenteil, curé. Parrain :
Léonard Plas, à Bourges (Cher) ; Marraine, Marie Pla
s ».

Une vierge, et en dessous, l’inscription suivante : «
Regina sacratissimi Rosarii, ora
pro nobis. Emile Vauthier, fondeur à St Emilion.
» Poids : 300 kilos.

Un puits à l’extérieur ouest se trouvait pratiquement dans l’alignement de la
façade sud. Il est désormais bouché par le revêtement de la route. Il figure
encore sur les plans de l’architecte, fait en 1897.

Voici un petit historique de l’église au XIXe, où de nouveaux travaux eurent
lieu.
Le 8 mai 1867, le curé de la paroisse demande le renouvellement du pavage
général de la nef et du sanctuaire, ainsi que l’entretien et l’appropriation des
murs intérieurs de l’église.
Le 9 février 1868 une demande est faite par le conseil municipal pour le
renouvellement du
dallage général nef et du sanctuaire ainsi que le
ravalement des murs et des voûtes ; il est noté également la demande de
construction d’une sacristie ainsi que l’achat et le placement de vitraux. Le
conseil municipal prévoit de plus l’achat d’une nouvelle balustrade.
Le 7 juin 1868, le conseil municipal demande des travaux d’appropriation des
murs, le ravalement des murs jointement assis en pierre de taille, du pavé et
des vitraux.
Le 19 juillet 1868, le conseil prend acte du
devis de l’entrepreneur Pointeau
(Ribérac) - pour le dallage - et de l’entrepreneur  Victor Gesta (Toulouse) pour
les vitraux. Le 14 mai 1876, le conseil municipal entérine le renouvellement
du pavage et la réparation des balustrades. Le 13 août 1876, une demande au
préfet est faite pour une aide afin de pouvoir payer la réparation de l’église. Le
20 septembre 1876, le budget pour payer la réparation de l’église est voté. Le 7
février 1877, le conseil municipal approuve le devis de l’entrepreneur (en date
du 4 janvier 1877) pour le pavé de l’église. Le 20 mai 1877, une  demande d’
autorisation est faite au préfet relative à la vente des dalles de l’église. Le 30
juin 1877, un cahier des charges# et les conditions de vente des vieilles dalles
(par 24 lots de 11), vus et approuvés par le préfet de Dordogne en date du 9
juillet 1877, sont entérinés par le conseil municipal. Les dalles seront
effectivement vendues sur la place de l’église. Certaines familles auront donc
la chance de retrouver ces dalles chez elles. Elles serviront indifféremment
suivant les besoins des acquéreurs. Cependant, il est à préciser que certaines
portaient des mentions pour les personnes enterrées dans l’église et certaines
des motifs templiers.

Le 31 mars 1881 une demande de refonte ou échange de la cloche est faite. La
réparation des murs enceints du jardin, du plancher de la cave, et de la
couverture du presbytère est associée à cette demande initiale. Le 24 mars
1889, le conseil municipal demande l’aide du sous-préfet de Ribérac pour la
réparation de la toiture de l’église et celle de la charpente. Suite à cette
demande, la préfecture alloue le 30 mai 1889, une subvention de 300 francs
pour lesdites réparations. La toiture sera à nouveau recouverte le 22
septembre 1951 comme le stipule une plaque gravée sur un des murs de la
salle d’armes.


L’église de Saint-Martial a fait longtemps partie du chapitre d’Aubeterre
(Charente), ce qui semble corroborer le fait que Saint-Martial Viveyrols ait eu
des relations très étroites avec l’Angoumois au cours de son histoire.

L’église est la propriété de la commune. Un
arrêté du 9 juin 1926 établit la
date de
protection par les Monuments historiques ;  elle sera inscrite aux
Monuments historiques en 1992.

Cet arrêté de 1926, issu du ministère de l’Instruction publique et des Beaux-
Arts, inscrit l’église de « st Martial de Viveyrols » sur l’inventaire
supplémentaire des Monuments historiques, suite à un rapport à la
commission fait par M. Lucien Miagne, inspecteur général des Monuments
historiques.

Un autre document en date du 8 mars 1915 fait une description de l’église avec
un plan assorti.
L’église Saint-Martial de Viveyrols, qui constitue un type parfaitement intact
et bien conservé, d’une série d’édifices destinés à la fois à la défense et à l’
exercice du culte, mérite à tous égards de prendre place parmi les monuments
historiques.

Dans quelques écrits, il est fait état de sépultures à l’intérieur de l’église.
Malheureusement, après la dispersion des dalles d’origine, il ne peut être
attesté de la quatrième sépulture (celle d’un templier) et on a, cependant,
trouvé  trace des trois premières.

La première évoquée est de «
Messire François Dujarric, prêtre, curé de la paroisse qu’il
a servie pendant 45 ans avec édification et bon exemple, âgé d’environ 84 ans, dans le chœur
de l’église
» en 1690.
La deuxième est celle de «
Messire Pierre Mormentrez, curé de la paroisse qu’il a servie
pendant 23 ans avec édification, âgé d’environ 53 ans
» en 1725.
La troisième est attribuée à Rochon de Cluzel, curé de la paroisse du 17 janvier
1736 au 16 juillet 1775.

L’ancien presbytère (bâtiments et jardin) fut vendu à la Révolution à M.
François Ladoire Borbos. L’ancien curé, l’abbé Lespinasse, avait légué à ses
successeurs une grange joignant le presbytère, quelques décennies avant cette
vente.
Concernant la présence d’autres lieux de culte sur la commune, il est noté
dans un texte de 1884, qu’une ancienne chapelle de Notre-Dame des Neiges
était notée sur le cadastre, mais avait disparu depuis.  Il ne reste, par ailleurs,
aucune trace du prieur de Malledent malgré les notes de la matrice
cadastrale, où  il y a des pièces de terre dites «
à l’abbaye », à la combe du prieur,
etc.

L’église de Saint-Martial Viveyrols est incluse dans le circuit des églises
romanes à coupoles du Ribéracois.
Elle est sonorisée (« Sonate pour violoncelle » de Jacchini, soit « la Marche des
Turcs » de Lully) et illuminée (les voûtes et le chœur) pour une meilleure
visite. Horaires d’ouverture : 9h – 18h tous les jours de l’année.
Un des vitraux a été restauré par les
Ateliers Douard à Ribérac (Diplômé de
l'Ecole des Métiers d'Art de Paris - Membre de la Chambre Syndicale des
Maîtres Verriers Français - 05 53 90 10 57).
mon petit coin de paradis au coeur du Périgord Vert par Lisa Giraud Taylor