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Mon Saint Martial Viveyrols
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Les châteaux
Les châteaux de Saint-Martial Viveyrols ne sont pas, à proprement parler, des châteaux
comme tous les conçoivent. Il faut rappeler que le mot « château » vient du latin «
castrum » qui signifie jusqu’au XVIIIe siècle aussi bien « là où on demeure » et « là où on
se retire des attaques » ; « castrum » ou « castellum » signifient aussi « habitation
seigneuriale ou royale ; grande et belle demeure ». Il faut donc prendre le nom « château
» au sens « grande et belle demeure ». À ce compte là, il existe donc trois châteaux,
historiquement liés, à Saint-Martial Viveyrols :
Fonpitou, Gandillac, « le château » (situé au cœur du village).

Un autre château d’une famille noble très importante, les de Brianson, se situait en
lisière de la Sauvanie, sur la commune de Verteillac, à quelques centimètres de la
commune de Saint-Martial. Les Brianson ont possédé des terres sur la commune de Saint-
Martial.
Le château de Gandillac est donc l’ancien fief des Patronnier et des Burguet. Le château est attesté au XVIIIe
siècle. En 1463, il est toutefois fait mention templière du « maynement de Gandilhac ». En 1793, on remarquait encore « deux
tourelles annonçant l’ancienne féodalité » de la demeure.
Lors de la Révolution, en séance publique, tenue à Périgueux le 21 brumaire an 2, le conseil général d’administration du
département de la Dordogne arrête : «
Qu’il sera écrit à tous les districts pour qu’ils fassent connaître dans le plus bref délai le nombre
des châteaux qui s’y trouvent et qu’ils pensent devoir être démolis…
».
Le décret de démolition fut porté par le représentant du peuple Roux-Fazillac le 27 frimaire an 2 et mis peu de temps après à
exécution. Par un arrêté du 4 pluviôse an 2 (24 janvier 1794) , le commissaire du peuple de Verteillac ordonne la démolition
immédiate «
aux frais du dit Gandillac » et « jusqu’au niveau de ladite maison ».  Deux femmes étaient restées sur place. La vente d’
une vache assurera le salaire des maçons et participera, peut-être, au fait qu’une seule tour fut démolie. La tour de gauche restera
en l’état avec au sommet « une silhouette de cavalier ».

Mais pour évoquer ce château, il est nécessaire aussi de le voir à travers les yeux de Maurice de Gandillac qui se
souvint de cet endroit lors de ses passages dans les années suivant 1914,
et ce avant la restauration magnifique
faite par les nouveaux propriétaires. La description ci-dessous ne reflète plus la réalité, et c’est tant mieux.
Maurice de Gandillac aurait apprécié voir le nouveau Gandillac toujours surveillé par le vieux tilleul. Voici
cependant sa description : «
Le Gandillac de mes étés d’enfance est une bâtisse assez banale du XVIIIe siècle sur une petite colline
boisée à mi-chemin entre Ribérac […] et cette bourgade de Mareuil […].
[…] La modeste bâtisse qu’en dépit de son pigeonnier on ne saurait nommer ni château ni manoir, n’a qu’un étage sous l’assez vaste
grenier à lucarnes. Les fenêtres à petits carreaux gardent encore quelque allure, mais les volets de bois sont déjà en bien triste état. […].
Devant la façade presque nue (en bas des capucines, vers le milieu un grenadier) s’élève, à gauche, un puits couvert, entouré de lierre,
doté d’une grande roue à manivelle et d’une sorte de réservoir pour stocker provisoirement le contenu des seaux. Le puits bouché, seul
restera, en fin de siècle, la roue, accrochée maintenant, telle une décoration au mur de la grange.  Sur une pelouse en forte pente, […] un
vigoureux tilleul, planté en 1848.[…]. Pour quitter Gandillac, le seul chemin vraiment carrossable court à flanc de coteau, d’abord
ombragé de très grands arbres# bordé ensuite de pommiers et de noyers déjà vieux dont en 2000 il ne restera aucune trace. Une fois
passées les sentes d’accès à deux métairies, à gauche la Rivière, à droite le Puyjoliet, on atteint par une descente abrupte et caillouteuse
le carrefour dit « pas de Mareuil » d’où l’on peut remonter tout droit vers la colline au-delà de laquelle le chemin descend vers Saint-
Martial-Viveyrol, bien défendu par un bruyant troupeau d’oies […].
Outre le souvenir d’une « place » forte médiévale devenue ensuite « ouste et repayre en la paroisse de Sainct-Marsaut de Viveyrols (telle
est la formule d’un « hommage » féodal au baron de Montsoreau le 20 novembre 1481), deux pigeonniers marquaient jadis l’
appartenance de mes ancêtres aux privilégiés dispensés de la taille.[…] À Gandillac, le noble escalier de pierre à balustres, vestige peut-
être de temps meilleurs est fort disproportionné par rapport à l’ensemble du bâtiment et ne débouche sur aucune pièce d’apparat.[…] Le
vestibule s’ouvre directement sur la cave et le palier intermédiaire - compte tenu de la dénivellation du terrain - mène très misérablement
à quelques petites pièces biscornues. […] Par le fond on accède par quelques marches et un très modeste petit escalier de bois qui
conduit en tournant aux chambres du premier et où tremblote le soir la petite lampe Pigeon
. »
Le château de Saint-Martial ressemble à une maison forte, située à la sortie du bourg, sur
la route départementale 1. L’Inventaire général de 2000 signale que cet «
ancien repaire noble également connu
sous le nom de viveyrol ayant, en 1760, justice sur la paroisse. La maison forte originelle de la fin du Moyen Âge, accompagnée
de sa tour d’escalier, a vraisemblablement été agrandie vers le nord au 16e. C’est sans doute au moins un siècle plus tard qu’un
pavillon pourvu d’éléments défensifs, est venu se greffer au logis, bien qu’il n’apparaisse pas sur le cadastre de 1825.  Cette
maison est construite en pierre de taille et moellon de calcaire. Le logis, qui a perdu son enduit, se compose d’un étage carré. Une
tour hexagonale, en partie arasée renferme un escalier en vis. La porte d’accès à la tour surmontée d’une accolade, est située du
côté sud. Elle aurait été défendue par une bretèche dont il ne reste aucune trace. La façade orientale, bien que remaniée, présente
encore des fenêtres ouvragées à traversés et meneaux de la fin du 15e ou du début du 16e. C’est du côté occidental qu’une tour
plus élevée et achevée par un toit en pavillon laisse deviner la présence d’un second escalier. La façade, percée d’une baie
hybride conjuguant le gothique tardif et le classique avec ses pilastres d’ordre ionique, a été remaniée au 17e. Au sud, un pavillon
de plan rectangulaire permet de faire la jonction entre la maison forte d’origine et les dépendances. Sans doute construit au 17e,
il est percé d’une série de canonnières, dont certaines ont été bouchées. En retour d’équerre, les dépendances se développent
vers l’ouest.
»
Les dates de construction sont semblables à une autre maison située sur la place de l’église : 1562 et 1820,
vraisemblablement la date de construction et la date d’une plus récente rénovation. Le gros œuvre est fait de
calcaire, de pierre de taille, de moellon et d’enduit partiel. Ses escaliers sont un escalier demi hors œuvre et
un escalier à vis en maçonnerie. Ceci est une propriété privée acquise par un architecte anglais qui la fait
restaurer magnifiquement.  Au cours de cette rénovation, un souterrain a été révélé, puis bouché
définitivement.
Pendant la Première Grande Mondiale, le château servit de prison aux prisonniers allemands, comme en
témoignait les
chambres d'arrêt alors.
Ancien fief des Badillac, Jussac et Lageard.
Appelé à tort « le château de Fonpitou », ce dernier ressemble plus à un manoir. Situé à l’ouest de la commune
de Saint-Martial Viveyrols, il est l’ancien fief des Fonpitou de Massacré et des Alexandre. On l’aperçoit en contrebas d’un chemin
vicinal reliant la départementale 1 et le chemin vicinal reliant Saint-Martial à Lusignac. Voici ce que l’on peut observer de la
route, dans la partie vallonnée : deux énormes sapins gardent l’entrée du chemin d’accès. Immense manoir à large et haute toiture,
il semble répondre au château de la Richardie, sur l’autre flanc, sur la commune de Bouteilles Saint-Sébastien. On note une
dépendance sur la droite et un ensemble de bâtiments sur la gauche. Les fenêtres sont d’ouverture normale. Il y a un joli jardin sur
le devant de la maison (façade sud). Un bois et un large pré s’ouvrent sur la façade sud de la demeure. C’est un ancien repaire noble
attesté en 1508. Les bâtiments actuels sont du XVIIIe siècle.  D’après l’Inventaire général de 2000, il est noté que le «
Manoir de
Fonpitou est situé au lieu-dit : Fonpitou. Les parties constituantes sont une grange, une étable et une écurie. L’époque de construction est
définie comme étant XVIIe et fin XVIIIe siècle. Cet ancien repaire noble conserve une tour adjacente dont la porte est datée de 1676. Un
texte de 1776 indique que le manoir menaçait ruine ; il a été reconstruit peu après cette date (voir texte ci-dessous). Le manoir a un étage
carré et un étage de comble coiffé d’un toit mansardé couvert de tuile plate. La façade principale, orientée au nord-est, est rythmée par
trois travées soulignées par la présence des lucarnes perçant la toiture. Les dépendances se développent en retour d’équerre du côté
occidental tandis qu’une tour défensive carrée du XVIIe, située à l’est, donne accès à une ancienne cave. La façade sud-ouest offre une
élévation nettement plus simple, sans ornementation, et dépourvue d’ouverture dans l’étage de comble. Le gros œuvre est fait de calcaire,
de pierre de taille, de moellon et d’enduit.  Ceci est une propriété privée.
»
En complètement du texte de l’Inventaire général, on peut lire :
Pierre de Massacré, comte de Massacré, seigneur de Fontpitou adressa une requête au juge de la juridiction de Saint-Martial Viveyrols le
24 avril 1776 pour évoquer l’état du château de Fontpitou et des bâtiments et dépendances du fief. Le juge fait cas de la requête le 1er mai
1776 et nomme un tailleur de pierre et un charpentier (tous deux de la commune de Coutures) ainsi qu’un couvreur de Verteillac
(Cardissou) pour établir un état des coûts pour la remise en état des bâtiments.
Le 1er mai 1776, le juge remarque, en l’absence des artisans, que : «le corps de logis, composé de deux chambres hautes et basses, a un
[corridor] entre les deux étages. La charpente est en dos d’âne et entièrement écroulée depuis trois ans environ. La tuile et la latte-feuille
sont brisés et l’on a été obligé de faire un repère d’appentis sur la grande chambre, couvert de tuiles en creux, pour garantir le plancher et
les murs de la pluie. Le mur ouest et celui contre la fournière sont en partie écroulés. Il n’y a pas de plancher au grenier, ni poutres, ni
chevrons, le peu de planches est pourri de vieillesse, les chevrons sont trop courts. Les deux planchers ont besoin d’être refaits à neuf. Les
contrevents à la croisée du jardin sont pourris de même que les cadres à vitres (fenêtres). Il n’y a aucune vitre. La croisée sur la cour n’a
pas de contrevent. Le mur du côté du jardin et celui du côté de la cour ont besoin d’être [soutenus], celui de l’est où est la cheminée
menace ruine et menace de se séparer des autres à cause des crevasses et des fentes. La fournière, le cuvier, les écuries menacent ruine et
ont besoin de réparations. Le plancher du grenier du pavillon a ses planches non clouées ni attachées. Le couvreur Gilles Dubreuilh, du
bourg de Verteillac arrive. Il examine la mansarde sur le couloir. Il déclare qu’il faut 20 000 tuiles plates, 6 000 lattes, 10 000 clous, 6
barriques de chaux, 10 barriques de sable et 150 livres pour la « main de l’ouvrier » (salaire du couveur). Pour le reste des bâtiments
(fournière, cuvier, écurier, trois métairies), il faut 1 000 tuiles,
2 000 lattes, 60 livres « pour la main de l’ouvrier ». Signé Dexant, Juge
»

Le vendredi 3 mai 1776, le maître tailleur de pierre et le maître charpentier se présentent et évaluent les travaux à effectuer y
compris la terrasse du jardin et les portes.  Ils établissent que pour éviter la ruine totale du château, les réparations sont urgentes et
nécessaires. L’évaluation du devis du seul maçon fut environ de 1 675 livres (soit plus de 36 000 francs). Pour le devis du
charpentier, il faudra compter environ 1649 livres.
mon petit coin de paradis au coeur du Périgord Vert par Lisa Giraud Taylor