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Mon Saint Martial Viveyrols
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HISTOIRE - La Révolution Française
Les actes des notaires ayant exercé dans la commune, nous en apprennent beaucoup sur la vie
de la paroisse ; ce sont, entre autres, Normain (vers 1471), Fontibus (vers 1492), François de
Faux (vers 1493), Lespinasse ; cependant, la période révolutionnaire nous offre le plus de
témoignages.

Du 1er au 10 mars 1789, les cloches de la paroisse furent mises en branle pour convoquer le
peuple à la confection des cahiers de doléances. La rédaction de ces doléances, la nomination
des délégués chargés de porter lesdits cahiers à l’Assemblée de la sénéchaussée se sont tenues
dans tout le Périgord, sans trouble, quoique au sortir d’une disette importante.

Les habitants de Saint-Martial Viveyrols furent rassemblés le 4 mars 1789, et représentés par
Sieur Ladoire du Beaubos et Sieur Rochon pour porter le cahier devant le Sénéchal du
Périgord ou le Lieutenant Général.

Voici un extrait des cahiers de doléances de Saint-Martial Viveyrols :
«
extraits des cahiers de doléances Tiers État 1789#. St Martial Viveyrols - population 653 personnes.
Le territoire est tartreux, sujet à la ravine, partie de broussailles, chamfroit, n’étant à proximité de
faire aucun commerce, la majeure partie des fonds qui travaille ne produisant que de deux en deux ans
un peu de froment. Incapable de sustenter la moitié de l’année le peuple qui l’habite. Laditte paroisse
est exploitée par 75 paires de bœufs, veaux ou vaches, cotisée d’impositions royales à une somme de
614’ 14s 6d. Les meilleurs fonds sont occupés par six nobles et un privilégié ; ils sont travaillés par 20
paires de bœufs ; leur semence s’élève à 390 boisseaux de froment et leurs censives appartenants sont
sy exorbitante que partie des fonds ingrats paye annuellement quoi qu’on y recueille que de deux en
deux ans un boisseau de froment par journal de l’avoine et paille soitte pesant ledit boisseau de 47 ou
48 livres poix de mars encore la levée de ses mêmes recettes ne se ait elle souvent après noël quoique
exigible à la st Michel, temps que la malheureux paisant mange son peu de récolte lors on le fait payer
sur le plus haut pied que le froment a valu, s’il n’est en état de payer… le total des rentrées de froment
et avoine forme environ de 950 boisseaux, et la suite.
La dîme est encore une surcharge qui se paye à la quatorzième gerbe et la terre aussi que les
grossailles, chanvre et agneaux et le blé descend au vingtième grain, la supression des gros
décimateurs serait à propos avec légalités des revenus des curés fixé à 2000’. ceux qui auraient des
vicaires, et ceux qui n’en auraient pas à 1500’ que l’excédent qui serait par cette opération dans les
dîmes, fut employée à aider payer les dettes de l’état et après à la décharge du peuple.
Qui fut fait défenses à tous les moines de ne prendre dorénavant des novices et proportionner leurs
nombres aux revenus des maisons qu’ils pourraient occuper, vendre le reste pour former des capitaux
qui aideront à libérer l’état ; demander la suppression de la milice, celle des receveurs des tailles et de
leurs employés ainsi que celle du contrat auxquels on pourrait suppléer par une imposition, plus douce
et moins gênante pour les sujets…. Ont signé Ladoire du Braubos, député, Fedois Montagut, Dubreuil
etc.etc
»

On peut avancer que le cahier de doléances de Saint-Martial Viveyrols fut vraisemblablement
associé à celui des paroisses alentours et fut porté au chef-lieu de la sénéchaussée, le 8 mars
1789, par César-Pierre Thibault de La Brousse, marquis de Verteillac, grand sénéchal# et
gouverneur, qui fit son entrée solennelle dans la ville de Périgueux avec le cérémonial d’usage.

Au début de la Révolution française, la paroisse était desservie par M.
Aimard. Il n’eut pas le
courage de refuser le serment à la Constitution, se rétracta aussitôt non sans danger.

La
famille noble Patronnier de Gandillac fut incarcérée, une partie dans les prisons de Ribérac
et l’autre partie dans le château lui-même provisoirement mis sous séquestre et transformé en
prison, mais aucun de ses membres ne fut mis à mort. La propriété ne fut point vendue parce
que le chef de la
famille à qui elle appartenait s’est trouvé trop âgé pour émigrer.

On rapporte que pendant la Révolution, un prêtre condamné et poursuivi au commencement
de la Révolution, aurait trouvé pendant plusieurs jours un refuge dans une des tours du
château. Il fut pris peu de temps après ; son nom n’a jamais été prononcé.

Plusieurs textes de l’époque évoquent la démolition de la maison noble de Gandillac, ainsi que
celle d’autres familles notables anciennes telles Lageard de la Touche (éteinte), de Lespinasse,
Massacré de Fonpitou, Nadal Duburguet, Briançon, etc.

En effet, en séance publique tenue à Périgueux le 21 brumaire an 2, le conseil général d’
administration du département de la Dordogne arrêta que tous les districts fassent connaître
le plus rapidement possible le nombre de châteaux ainsi que leurs avis sur leurs possibles
démolitions.

Le décret de démolition porté par le représentant du peuple Roux-Fazillac fut mis à exécution
peu de temps après le 27 frimaire an 2.  

Saint-Martial Viveyrols (dénommé sur le procès-verbal#, St-Martial Viv.) fit partie de la liste
des châteaux partiellement démolis après qu’on ait répertorié la «
maison au citoyen Gandillac ».
Le procès-verbal fut établi par Bernard Lacour, membre du conseil de l’administration du
directoire du district de Ribérac, commissaire nommé par l’administration par arrêté du 12
frimaire an 2 sur le château de Gandillac :

«
Maison au citoyen Gandillac (cne de St-Martial-de-viveyrol). - Dudit jour quatrième pluviôse, nous
commissaire susdit soussigné somme party dud.lieu du couré, ditte cne de Verteillac, et nous sommes
transporté dans celle de S.Martial de Viveyrol… lesquels conseillers municipaux nous ont fait réponse
quil nexiste dans la presente commune aucun chataux, maison forte, ni objets annonçant la féodalité
que deux tourelles qui sont ajessentes à la maison appartenant au citoyen Gandillac, située aud.lieu de
Gandillac, pourquoi nous avons été conduit par eux aud.lieu devant nommé ou étant avons remarqué,
qu’il est vrai qu’il y a attenent a lad. Maison deux tourelles annoncant lancienne féodalité pourquoi en
vertu de l’art. 4 dud. Aretté, de conseil avec lesd. Municipaux, nous en avons ordonné la démolition
jusque et au niveau de lad. Maison, laquelle démolition sera commencée le quatorze pluviose jour
connu sous le nom de dimanche, au fraix dud. Gandillac en présence de la municipalité et parachevée
sans désemparer…
Charles mil Delaitre, Labonne, B.Lacour
» (sic)

Une seule tourelle sera finalement démolie grâce à l’intervention de certains membres de la
famille de Gandillac.

Lors de cette période, les bronzes des cloches et des statues, les plombs des cercueils des
cimetières, les fers des grilles d’anciens châteaux ayant appartenu à des émigrés, sont
réquisitionnés pour être transportés dans des fonderies nationales. C’est à ce moment qu’une
des cloches de Saint-Martial a été déplacée pendant la période révolutionnaire dans l’église de
Saint-Martin de Ribérac.

Toujours en 1793, le comité de Ribérac demanda l’arrêt de certains nobles du canton. On
trouve dans les archives plusieurs renseignements à ce sujet :

Le 3 octobre 1793 : «
le 28, nous avions décerné des mandats d’arrêt contre le citoyen Lageard-
Cherval, qui émigra en 1791, contre la citoyenne Menou, sa femme, et les citoyens Patronnier-
Gandillac, frères d’émigrés. Ces derniers sont dans la maison de réclusion. Le citoyen Lageard s’est
trouvé absent et sa femme, étant malade, a été consignée chez elle
».

Le comité de Ribérac demanda le même jour à celui d’Angoulême de faire arrêter le marquis
de Cherval (le citoyen Pierre Lageard-Cherval), ci-devant grand sénéchal d’Angoumois,
contre lequel il avait décerné un mandat d’arrêt «
comme ayant émigré en 1791 et ayant manifesté
des sentiments haineux contre la révolution
» et qu’il soupçonnait de s’être retiré à Angoulême.
Le 5 octobre, il adressa la même demande aux officiers municipaux de Cherval :  «
vous savez
que les perquisitions que firent les gendarmes par nous envoyés dans votre commune de la personne du
citoyen Lageard furent vaines ; il était absent. Vous aurez l’œil à ce que dès qu’il reparaîtra sur votre
territoire, il soit arrêté et traduit dans la maison de réclusion provisoire de cette cité
».

Le comité de surveillance d’Angoulême ayant procédé à l’arrestation du marquis de Cherval,
le comité de Ribérac l’en remerciait par cette lettre du 5e jour du 2e mois (5 brumaire) :
«
Pierre Lageard-Cherval a été conduit ce jour devant nous par les citoyens Pinasseau et Ladoire,
gendarmes volontaires de votre ville. En retour des soins que vous avez pris pour l’arrestation de cet
individu, vous pouvez compter sur notre zèle à nous assurer des personnes des mauvais sujets qui s’
échapperoient de votre territoire pour venir se réfugier dans notre district
».

Le comité révolutionnaire de Ribérac fixa également une taxe spéciale pour frapper les riches
afin de soulager la misère et venir en aide à la patrie.  Le comité dans un arrêté du 5 frimaire
1793 stipula qu’ «
il sera établi une contribution révolutionnaire sur les riches du district de Ribérac
graduée proportionnellement aux fortunes et aux qualités civiques de chacun…
».
Une liste de 64 noms fut établie avec la somme correspondante :  Lageard-Cherval : 10 000
francs, Badilhac : 2 000 francs, Aîné Gandilhac (Patronnier) : 1 000 francs, Duburguet
Nadailhac  : 700 francs. Ces sommes ne furent pas complètement perçues.

Par une première promotion du 4 pluviôse an 2, il est stipulé que les institutrices et instituteurs
de la commune seront Labonne Pichardie et Catherine Lambertie.
mon petit coin de paradis au coeur du Périgord Vert par Lisa Giraud Taylor